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"On a additionné des forces pour dominer nos faiblesses", portrait lucide du XV de France

Galthié sort ses chiffres après le titre : meilleure attaque, fond de tableau en mêlée, discipline retrouvée. Le bilan est plus nuancé qu'on ne le croit.

Thibault Perrin 21/03/2026 à 13h00
Champion, mais lucide. Galthié sort ses données après le titre dans le 6 Nations.Crédit image : Screenshot France 2
Champion, mais lucide. Galthié sort ses données après le titre dans le 6 Nations.Crédit image : Screenshot France 2
Pourquoi les scores explosent (et pourquoi les défenseurs ne peuvent plus rien faire)

Vainqueur du 6 Nations pour la deuxième fois de rang, Galthié aurait pu se contenter de savourer. Mais la flèche du temps, terme si cher au sélectionneur, ne s'arrête pas. La suite pour les Bleus arrive très vite avec le championnat des Nations. Tout comme la Coupe du monde 2027. Invité sur les ondes de RMC, le sélectionneur du XV de France a livré un bilan chiffré du Tournoi, domaine par domaine, sans esquiver les zones d'ombre, pour en tirer les enseignements qui s'imposent. Le ton est celui d'un entraîneur qui sait exactement où son équipe en est. Et surtout, qui sait où il veut l'amener. A savoir, sur le toit du monde en Australie.

40 points de moyenne : une machine offensive sans équivalent en Europe

Le chiffre qui frappe en premier, c'est celui de l'attaque. "On a la meilleure attaque de la compétition avec 40 points marqués de moyenne. Les équipes qui sont derrière nous, la seconde équipe, elle a 10 points de moins que nous." Dix points d'écart sur la deuxième équipe offensive du Tournoi, c'est un gouffre. Cette domination n'est pas née de nulle part : Galthié rappelle que la base offensive utilisée cette saison a été lancée lors de la tournée en Argentine en 2024, travaillée à chaque fenêtre internationale depuis, et qu'elle a produit 30 essais deux années de suite. C'est un système rodé, pas de l'impro. Et ce, même si les joueurs ont beaucoup de libertés sur le pré.

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Défense, touche, discipline : un tableau de bord honnête

Sur les autres secteurs, Galthié est tout aussi précis. On connait son amour pour les chiffres. En défense, la France termine troisième avec 26 points encaissés de moyenne, derrière l'Irlande, meilleure défense du Tournoi avec 21 points concédés. Et ce, malgré les presque 100 points encaissés lors des deux matchs face à l'Ecosse puis l'Angleterre.

En touche, troisième position également. En mêlée, fond de tableau. Et il l'assume sans détour : "Sur la mêlée, on est en-dessous." Un problème collectif plus qu'une histoire de piliers défaillants qu'il va falloir régler d'ici au Mondial. Quant à la discipline, après une tournée de novembre catastrophique sur ce plan, le XV de France termine le Tournoi avec la meilleure discipline défensive de la compétition. Une progression réelle, concrète, mesurable.

"On additionne des forces pour dominer nos faiblesses"

Galthié sait que tout n'est pas parfait. Mais c'est aussi ce qui fait que l'aventure est belle."On a réussi à gagner le Tournoi parce qu'on a additionné des forces qui nous ont permis de dominer nos faiblesses. Et on en a." Une attaque à 40 points de moyenne peut compenser une mêlée défaillante dans un Tournoi des 6 Nations. La question est de savoir si ce modèle tient sur la durée d'une Coupe du Monde, face aux Springboks ou aux All Blacks, des nations qui construisent une partie de leur domination sur la conquête. D'aucuns en doute. Mais Galthié entend bien tout faire pour corriger le tir avec son équipe d'ici au Mondial.

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Objectif 2027

Ce titre en 2026 n'est pas identique à celui 2025. Il est encore moins semblable au Grand Chelem de 2022. A l'époque, l'euphorie masquait tout. Et tout le monde se disait que les Bleus seraient champions du monde. Une leçon durement apprise. En 2026, Galthié ne s'en cache pas :"c'est dur de gagner, c'est très dur de gagner, et de regagner, c'est encore plus dur". Mais la progression est réelle sur l'attaque et la discipline. Si les chantiers restent ouverts sur la défense et la mêlée. Le tableau de bord est honnête. Et le cap est fixé. La France est "championne d'Europe" deux fois de suite — et elle sait exactement pourquoi elle ne l'est pas encore du monde.

Pianto
Pianto

Tout est question de choix, on ne peut pas être premier partout.
Certaines équipes misent sur la constance en aynat un bon niveau un peu partout (typiquement les blacks, les ragentins ou les irlandais) d'autres appuient sur leurs points forts (anglais, écossais, sudafriquains et français).


Par exemple, nous avons deux super joueurs de touche (Woki et Auradou) qu'on n'utilise pas car leur rendement sur d'autres domaines est moins important que ceux qu'on aligne et qu'on fait des choix. 3ème en touche, on l'accepte.
Le problème d'être dernier en mêlée ets plus épineux.


Comme je le disais ailleurs, Galthier ment.
Si, c'est un problème de pilier défaillant. Quand on avait Atonio avec le même pack, on n'avait pas un soucis dans la même mesure.
Mais le sujet n'est pas là. Comme ceux qu'on fait jouer sont de toutes manières les meilleurs que l'on aura en 2027, la solution n'est pas de se focaliser sur eux mais de trouver un fonctionnement collectif pour limiter ce problème.
Galthier dit que c'est un problème collectif, c'est faux, c'est un problème individuel dont la réponse, en revanche, ne peut être que collective parce qu'on n'a pas d'autre choix. Il décide de protéger ses piliers, et il a bien raison.


Pour ce qui est de la défense, soit on décide d'attaquer davantage les rucks mais à ce moment là, on prend le risque d'être davantage sanctionné en ayant le gain espéré de ralentir les attaques adverses et de récupérer quelques ballons. Soit on doit travailler physiquement pour arriver à se replacer plus vite, plus longtemps et à être dominant sur davantage de plaquages pour faire reculer l'adversaire.
Il faudra probablement faire un peu de tout. L'idéal étant d'utiliser la fameuse intelligence situationnelle mais ce coup-ci, pour les phases défensives. Arbitrer entre largeur, contest, rush défense, impact au plaquage en fonction de chaque situation pour compenser autour collectivement.
C'est du boulot...


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