"Le club est dans une situation particulièrement fragile." Le promu pourra au moins se targuer d’avoir été un véritable challenger aux écuries rompues aux joutes de la 3ème division, voire plus, que sont les Nice, Albi, Chambéry, Narbonne et consorts. Si l’équipe fanion du Niort RC aura relevé le défi sur le terrain avec une 7ème place au classement après 22 journées et encore une victoire récente face à Massy (22 à 19), en coulisses, l’entité n’aura pas tenu le choc face à une autre bataille.
Elle, plus grande encore, qui consiste à rendre le projet des clubs de Nationale viable, financièrement. Et ce malgré l’absence de droits télés, quand les contrats professionnels et la masse salariale flirtent toujours plus avec celles des modestes clubs de ProD2. Ainsi soit-il, lâché par un important partenaire historique du club, Niort va donc baisser le rideau dès ce week-end, puisque l’entité des Deux-Sèvres a confirmé via un communiqué ce qu’annonçait Rugbyrama ce lundi soir :
Le Niort Rugby club a l’immense regret d’annoncer l’engagement d’une procédure collective de la SA Niort Rugby Club auprès du Tribunal de Commerce de Niort, avec comme conséquence immédiate, le retrait de l’équipe fanion du championnat de Nationale 1.
Le rugby français vit au-dessus de ses moyens
Le championnat de Nationale 1, véritable ProD3 créée par la FFR en 2020 dans le but de réduire l’écart avec les élites françaises, n’a, qu'on se le dise, jamais été viable. Après Blagnac, Hyères ou Tarbes et "dans un contexte extrêmement tendu pour la majorité des clubs de Nationale", c’est maintenant Niort qui doit céder sous la pression des coûts qu’exige cette division.
Avec, en toile de fond, cette question : n’est-ce pas finalement tout le rugby français qui vit au-dessus de ses moyens ? Entre la dizaine de clubs du Top 14 déficitaires, les clubs amateurs rétrogradés administrativement voire en cessation de paiement tous les ans, la spéculation de gros sponsors ou d’enveloppes publiques à chaque intersaison afin de pouvoir évoluer à un niveau plus intéressant que de raison… Les exemples sont aussi nombreux que les essais plantés par LBB, aussi saignants que les carreaux d’Antho Jelonch.
Malgré une gestion en totale adéquation avec le budget prévisionnel, la concrétisation plus tardive que prévu de certains volets d’un plan d’actions, conjuguée à des retards significatifs d’encaissements importants pourtant fondés sur des engagements bien réels, place le club dans une situation particulièrement fragile.
Et laissent évidemment perplexe quant à l’avenir de cette 3ème division française, qui a déjà perdu 25% de ses forces vives depuis 2 ans. En se demandant aussi si le président de la Fédération leur répondra comme à leurs petits frères de Nat 2 : "Quand on a pas les moyens de jouer en Nationale, on joue en Fédérale" ?
Soit ce qui attend, au mieux, les séniors de Niort la saison prochaine. Car en dépit de la capacité de la balle ovale à germer là où rien ne pousse, le rugby de haut-niveau, lui, n'est peut-être pas adapté à tous les territoires...
Ce sont les garde fous financier qui feront la différence.
S'il n'y en a pas, évident que ça foire.
La gloriole prend le pas sur la raison 😅
Tout le Rugby français est sur la corde raide. Il faudrait peut-être un "salary cap" à tous les échelons.
Quant à la Nationale, encore une bonne idée de Nanard. Il aura couté cher celui-là.
le principe en lui même était déjà bancal en soi.
il est certain qu'il faut envisager une passerelle entre semi pro et pro, c'est pas la question.
mais ça n'a pas du tout été préparé convenablement.
à mon avis, la solution viendra d'une possibilité de toucher des droits tv.
en diffusant la nationale 1 (ça a débuté cette année) les sponsors devraient commencer à amener un peu plus, mais ça viendra pas en claquant des doigts, ça prend du temps.
c'est quelque chose qui aurait dû être prévu à sa création pour qu'à terme les clubs bénéficient de plus en plus de visibilité, d'une hausse des partiticipations sponsors et à terme, de droits tv.
et comme toi, je pense qu'il faut instaurer un salary cap à chaque échelon. et ce même très tôt.
on a tendance à voir des clubs se construire à la va vite, privilégiant quelques pointures dans l'effectif, qui leur permettent de passer les 1e divisions rapidement.
sauf qu'on a pas de projet parce que l'aspect sportif est baclé. souvent au début, les joueurs suivent et sont contents d'avoir une ou quelques "stars" dans l'effectif. mais vient le moment où son salaire va alimenter les envies des autres joueurs et où la direction ne pourra pas suivre.
aussi, les chefs d'entreprise aux commandes de ce genre de clubs, pensant rentabiliser à terme, voient la fin de l'histoire arriver avant leurs prédictions parce que les pertes se cumulent, les rentrées n'étant jamais à hauteur des espérances et que leurs finances fondent comme neige au soleil.
alors c'est pas le cas de tous, mais ça reste très courant.
il arrive aussi régulièrement que certains partenaires financiers n'assument pas leurs promesses, rendant bancal l'édifice.
si les autres se serrent les coudes et peuvent combler ou trouvent un remplaçant, ça peut recoller mais si c'est pas le cas, un seul peut mettre tous les autres dans la panade.
bref à aucun étage c'est facile, mais ces étapes entre semi pro et pro ne sont faciles pour personne, dirigeants comme joueurs.